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Assurance habitation, nouvelle hausse en 2026

Les années se suivent et se ressemblent : le tarif de votre contrat multirisque habitation devrait connaître une augmentation comprise entre 5 et 10 % en 2026. Explications.

 

Cela n’a évidemment pas pu vous échapper : les tarifs de l’assurance multirisque habitation (MRH) ne cessent de progresser depuis quelques années. Et cela ne va pas s’arranger en 2026. Selon le cabinet Addactis, spécialisé dans les solutions à destination des assureurs, les tarifs devraient connaître un bond compris entre 7,5 % et  8 % en moyenne en France en 2026. Concrètement, cela représente une augmentation de 25 € pour une cotisation annuelle de 300 €. Les autres analystes pronostiquent des progressions équivalentes.  

Cette hausse se produit après des augmentations similaires au cours des dernières années. Elle a été, en moyenne, de 11 % en 2025 et de 6,6 % en 2024. Au final, les tarifs des contrats MRH ont progressé de 30 % en trois années seulement. 

Notons que ce sont les propriétaires qui subissent la hausse la plus importante sur leur contrat d’assurance habitation. Selon l’assureur en ligne Leocare, elle serait comprise, pour eux, entre 9 et 12 % en 2026. Les locataires verraient leurs tarifs progresser de 8 à 10 %.

Le prix du risque climatique

La première cause de l’augmentation des MRH c’est, bien sûr, la multiplication des risques climatiques. Incendies, inondations, tornades… Pas une journée sans qu’un de ces phénomènes ne ravage un quartier, un village. En 2025, le montant des indemnisations pour catastrophes naturelles a atteint le montant record de 8 milliards d’euros, avec 4,6 millions de sinistres indemnisés. On était à 6,5 milliards en 2023. Pour rappel, entre 2010 et 2019, la moyenne était de 3,7 milliards. 

Pour assurer le financement par l’État des indemnités liées à un événement climatique grave, les assureurs doivent intégrer une surprime dite « Cat Nat » à leurs contrats. Mais, comme les besoins d’indemnisation ne cessent de progresser, les fonds disponibles diminuent et l’aide de l’État est de plus en plus sollicitée, ce qui pourrait générer un déficit de financement du régime d’au moins 420 millions d’euros par an à horizon 2050. 

C’est la raison pour laquelle la fameuse surprime est passée de 12 % à 20 % en 2025, engendrant une hausse substantielle des tarifs des MRH.

Coûts de construction et réassurance

L’augmentation du coût de la construction pèse également sur le celui de l’assurance. En effet, les assureurs sont tenus d’indemniser les clients à hauteur de la reconstruction ou de la remise en état du logement assuré. Logiquement, donc, plus les travaux sont chers plus l’indemnisation versée sera importante. Et, naturellement, pour financer ce surplus, les compagnies d’assurance sont tentées de répercuter le surcoût sur les cotisations. 

Or, on le sait, depuis plusieurs années, du fait de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, les coûts de construction se sont envolés. Et, dans le même temps, la gravité des sinistres augmente avec la violence des événements climatiques. 

Il faut ajouter à cela les coûts induits par les normes réglementaires qui ne cessent de se durcir, justement pour limiter les effets des catastrophes naturelles dont on sait qu’elles ne vont pas aller en diminuant. 

Enfin, il faut savoir que les assureurs sont, eux aussi, assurés pour sécuriser le financement de leurs prestations. Mais, avec l’augmentation des risques, le coût de cette réassurance ne cesse d’augmenter. 

De fortes disparités entre les tarifs

Selon les études, les tarifs d’un contrat MRH peuvent aller du simple au double pour une surface équivalente.Tout dépend, d’abord, du type de logement. Selon le site Lesfurets.com, le prix moyen d’un contrat MRH en France est de 197 €/an, mais cette moyenne passe à 150 €/an pour un appartement et grimpe à 284 €/an pour une maison. Une maison individuelle, en effet, surtout en secteur rural ou semi-rural, sera nettement plus impactée par les aléas climatiques qu’un appartement en centre-ville. 

Les logements neufs subissent également moins les augmentations de tarif car ils sont plus résistants et, surtout, construits selon des normes plus strictes. 

L’autre grand facteur de différence, c’est bien sûr la situation géographique. Les catastrophes naturelles ne frappent pas le territoire de façon uniforme. Si l’augmentation de la surprime Cat Nat s’applique partout de la même façon, solidarité nationale oblige, il n’en est pas de même des surcoûts liés aux risques. Pour faire simple, plus on va vers le sud et vers l’est de la France, plus le risque climatique est important et, donc, plus les contrats MRH sont chers. Le coût moyen d’un contrat MRH est, par exemple, de 197 €/an à Avignon et 190 €/an à Marseille, alors qu’il n’est que de 127 €/an à Tours et 137 €/an à Angers. Il faut prévoir, également, des surprimes importantes dans les zones littorales, inondables ou à fort risque d’incendie. 

Pour évaluer les risques liés à votre logement, vous pouvez consulter la plateforme gouvernementales georisques.gouv.fr.

Comment limiter la hausse ?

L’augmentation des tarifs sur les contrats MRH enregistrée en 2026 n’est sans doute pas la dernière, puisque les causes ne vont pas disparaître. 

Pour autant, il existe des moyens pour limiter les effets de cette hausse. Le premier et le plus simple, consiste à éplucher son contrat dans les détails pour traquer les garanties inutiles ou les doublons avec vos autres contrats. Par exemple, vous avez peut-être souscrit une extension de garantie sur vos appareils électroménagers au moment de l’achat. Inutile, dans ce cas, de les inclure dans votre contrat MRH. 

L’autre levier pour faire baisser la note annuelle consiste à jouer sur les franchises et les plafonds d’indemnisation. Si vous acceptez une franchise plus élevée, vous diminuez la note pour votre assureur en cas de sinistre. Cela va se traduire sur votre cotisation. De même, si l’indemnisation en cas de sinistre est plafonnée, le risque pour l’assureur est limité. 

Vous pouvez aussi diminuer la note en réalisant des travaux qui vont protéger votre logement, des investissements qui ne seront pas réalisés à fonds perdus, puisqu’ils vont également valoriser votre bien en lui-même.

Changer d’assureur, c’est facile !

Pour limiter la hausse de votre contrat MRH, vous pouvez aussi, bien sûr, faire jouer la concurrence. La loi vous autorise à changer librement d’assureur au bout de douze mois de contrat. De très nombreux comparateurs existent sur le net qui vous permettent de traquer les meilleurs tarifs. Ensuite, vous n’avez rien à faire : c’est votre nouvel assureur qui va s’occuper de résilier votre ancien contrat. Mais, attention tout de même, il n’y a pas que le prix qui compte dans ce type de contrat. Les conditions d’indemnisation et la relation de confiance avec votre assureur sont également à prendre en compte.

Accepter ou s’en aller…

On se pose évidemment la question : peut-on refuser une augmentation de tarif décidée unilatéralement par son assureur ? Oui et non… La plupart des contrats intègrent des clauses d’indexation qui permettent des évolutions automatiques de tarif en fonction de l’évolution des coûts d’indemnisation. En cas d’évolution du risque, l’assureur peut également modifier votre contrat sans vous demander votre avis. 

En revanche, ces évolutions doivent faire l’objet d’un avenant dont vous devez avoir eu connaissance. L’assureur est tenu à un devoir d’information. En cas de manquement à ce devoir, vous pouvez tenter une contestation. Mais, dans les faits, les procédures sont le plus souvent respectées et les hausses sont généralement dues à des critères objectifs (hausse du risque ou de la surprime Cat Nat). Si vous les refusez, la meilleure solution est de vous tourner vers un assureur concurrent.