En France, les installations de pompes à chaleur ont atteint un pic en 2022, avec plus de 620 000 unités. Depuis, le marché accuse le coup : il a reculé de 2 % en 2023, puis de 30 % en 2024. Les PAC air-eau illustrent bien cette chute. Leurs ventes sont passées de 355 000 unités en 2022 à 185 000 en 2025.
Ce constat ne doit pas faire oublier le chemin parcouru. En 2017, moins de 3 % des logements français avaient une PAC. Aujourd’hui, ils sont plus de 10 %, soit 4 millions.
Surtout, un rebond s’amorce depuis quelques mois. Le groupe Effy annonce par exemple que la demande des particuliers a progressé de 140 % en avril, par rapport à la même période l’an dernier. Au premier trimestre 2026, la demande sur les modèles air-eau a aussi augmenté de 6,6 %.
Ce rebond arrive avec un peu de retard sur le reste du continent. En 2025, le marché européen affichait déjà une hausse de 11 %. Mais en France aussi, la reprise est bien réelle.
Le gouvernement fait de la pompe à chaleur l’un de ses principaux leviers pour décarboner l’habitat. Selon les données publiques, il reste 17 millions de logements à traiter dans notre pays.
Dévoilé en avril, son « plan d’électrification » remet au goût du jour un objectif bien connu : un million de PAC installées en France à l’horizon 2030. Autant dire demain. Le but est de remplacer vite les chaudières au gaz et au fioul. Elles nous rendent trop dépendants des énergies fossiles et des pays qui les contrôlent. En outre, elles émettent beaucoup de gaz à effet de serre.
L’État vise aussi l’autonomie stratégique. Il veut donc que ce million d’équipements sorte d’usines françaises ou européennes.
Pour rappel, en 2024, le président Macron avait déjà fixé l’objectif du million de PAC produites et installées en France, à l’horizon 2027. Mais les changements de braquet sur MaPrimeRénov’, entre autres, ont rendu ce cap impossible à tenir.
Le plan du gouvernement met en avant trois équipements. Le principal, c’est la PAC air-eau. Elle capte les calories présentes dans l’air extérieur pour chauffer l’eau sanitaire et l’eau du chauffage. Son avantage : elle utilise le réseau d’eau déjà en place. Selon un groupe de travail mandaté par le gouvernement, 80 % des maisons à décarboner seraient techniquement éligibles à une PAC air-eau.
Vient ensuite la PAC géothermique. Cette fois, on va chercher l’énergie dans le sol, à l’horizontale près de la surface ou à la verticale en profondeur. L’installation coûte un peu plus cher, mais le bilan écologique est bien meilleur.
Enfin, troisième option, le chauffe-eau thermodynamique. Comme son nom l’indique, il ne produit que l’eau chaude. Il faut donc le compléter par un autre équipement pour le chauffage.
Quant à la PAC hybride, elle associe une pompe à chaleur et une chaudière traditionnelle en appoint. Pour l’heure, elle reste éligible aux aides de l’État, sous certaines conditions. Toutefois, son avenir dans le dispositif est clairement en suspens.
La volonté politique est là. Les aides sont ciblées et stabilisées. Le besoin est avéré. Pourtant, pour gagner le pari du million de PAC installées en France, c’est toute une filière qui doit s’organiser.
Le président de la République a donc réuni les acteurs du secteur à l’Élysée, le 26 mai dernier. La filière s’est engagée à produire le million de PAC (air-eau et géothermiques) demandé à l’horizon 2030. Elle doit aussi se donner les moyens de réaliser les installations.
L’État souhaite que les industriels fabriquent ces PAC sur le territoire national ou, à défaut, en Europe. Ainsi, les aides pourraient dépendre de la provenance des équipements. Ce critère offrirait un avantage à la production européenne. Les grands acteurs du secteur, à commencer par le leader Atlantic, rapatrient d’ailleurs déjà leur production de PAC air-eau en France.
Reste la question de l’installation. Mettre en service une PAC est une opération complexe et très technique. Les constructeurs se sont donc engagés à former les installateurs. Objectif : poser et entretenir ce million annuel de machines dans de bonnes conditions.
Par ailleurs, la feuille de route signée par la profession prévoit la création de 41 000 postes dans le secteur d’ici à 2030. En outre, 280 millions d’euros financeront des formations liées à l’électrification.
Les logements collectifs sont un enjeu majeur pour décarboner l’habitat en France. Dans les copropriétés équipées d’un chauffage collectif, le sujet n’est pas simple. Pour installer une PAC air-eau, il faut trouver un local adapté. Il faut surtout de la place pour les blocs extérieurs, sans gêne visuelle ni sonore. De plus, ces chantiers coûtent souvent très cher. L’amortissement est long, et la décision difficile à prendre.
Dans le logement social, en revanche, la volonté publique s’impose plus facilement. Le mouvement HLM s’est engagé à décarboner deux millions de logements d’ici à 2050. Il commence par un premier million, dans le cadre d’un partenariat avec EDF.
Enfin, n’oublions pas les résidences seniors, les résidences étudiantes et les Ehpad. Des initiatives voient le jour pour ces établissements. Par exemple, l’entreprise Dalkia propose de prendre en charge l’étude de faisabilité d’un projet de géothermie pour tous ceux qui la demandent.
Aujourd’hui, les PAC air-air représentent 70 % du marché, soit 800 000 unités vendues chaque année. Elles sont réversibles et servent donc aussi de climatisation en été. Or, l’immense majorité de ces appareils sort d’usines situées hors de l’Union européenne, très souvent en Chine.
Moins chère à l’achat et à la pose, cette solution a de quoi séduire. Attention pourtant : elle n’entre pas dans le plan gouvernemental et ne donne pas droit aux aides énergétiques. Le gouvernement veut justement développer les PAC air-eau et géothermiques au détriment des modèles air-air.
Installer et entretenir une pompe à chaleur coûte cher. Le reste à charge pèse donc lourd dans la décision des ménages. Pour y remédier, le gouvernement propose un système de « leasing social » baptisé « L’offre clé en main ».
Le principe est simple. Plutôt que de payer l’installation en une fois, le propriétaire étale la dépense sur trois ans. Il verse alors une redevance mensuelle qui couvre à la fois l’installation et la maintenance. Et cette redevance reste inférieure au total de ses factures de gaz.
En résumé, la PAC finance son propre investissement. Mais attention : cela ne fonctionne que si le logement est bien isolé. Sinon, les économies seront trop faibles pour couvrir la dépense. De son côté, EDF ajoute une aide de 1 000 € à l’achat, en plus des aides de l’État. Pour connaître les aides auxquelles vous avez droit, consultez le site officiel France Rénov’ ou les autres articles de notre rubrique S’informer.
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